Dilettante dans une thébaïde

J’aurais aimé faire partie de ces gens qui occupent une place importante dans ta vie. Être celle à qui tu penses de temps en temps, celle à qui tu vas raconter ta dernière anecdote ou tes projets pour le week end. J’aimerais être cette personne. Je ne sais pas pourquoi je passe après tout le monde. Je suis pas assez bien pour toi ? J’ai pas assez de style, pas assez d’argent, pas assez d’humour ? Je suis pas assez gentille avec toi ? Pourtant, après toutes ces années où je t’ai écouté patiemment, quand tu me racontais tes histoires de coeurs (le plus souvent, brisés) alors que moi je savais ce qu’il te fallait, je savais que j’étais tout ce dont t’avais besoin ! Tu as jamais voulu m’entendre tu m’as fais croire des utopies, comme quoi on se reverrai un jour peut-être… Je veux plus de ces espoirs, je veux plus être assez naïve pour croire tes promesses à la con ! J’ai la haine contre toi, contre le monde entier, contre tout ceux qui nous séparent. Et pourtant tu sais quoi ? Je vais restée calme. Je t’enverrais un message, pour te montrer que je pense à toi, que je souffre un peu aussi. Tu répondras deux jours après, sans même t’excuser. C’est pas grave, tant pis, je te pardonne… Je ne sais même pas pourquoi, je me donne tant de mal. Peut-être parce que j’ai peur de perdre la dernière personne qui tient à moi. Peut-être parce que je t’aime démesurément. Mais je sais que c’est impossible, je sais qu’il y a tant de choses qui nous séparent, qui nous opposent. Tu restes pour moi la petite fille que j’ai connue, pour qui j’avais tant d’administration. J’ai toujours été amoureuse de toi, et ce genre d’amour si passionnel ne s’oublie pas.

Que me reste-t-il, de t’avoir aimée ?

Reste que ma voix, sans écho soudain
Restent que mes doigts, qui n’agrippent rien
Reste que ma peau, qui cherche tes mains
Et surtout la peur, de t’aimer encore
Demain presque mort

De t’avoir aimée, aimée de douleur
À m’en déchirer le ventre et le cœur
Jusqu’à en mourir, jusqu’à m’en damner
Que me reste-t-il, de t’avoir aimée ?

– Charles Aznavour

“Je suis trop méprisable pour être désirable.”

“La Seine est bien noire, bien lente et bien sournoise. Elle chasse. Elle traque les grosses fatigues, les salariés rompus, la gamberge des petits gars sans talent et les questions dans la nuit. Elle repère les manques d’aplomb et les parapets glissants. “Venez, feule-t-elle, venez… Ce n’est que moi… Allons… Nous nous connaissons depuis si longtemps…”
J’imagine son contact froid, les vêtements qui gonflent avant de t’alourdir, le choc, le cri qui te vient, la tétanie… Tout le monde imagine ça, non? Tous les gens qui ont dans leur vie quotidienne un fleuve sous la main ont ce genre de vertiges.”

– La Vie en mieux, Anna Gavalda.

L’amour est doux et brûlant à la fois

Non, je t’ai pas oublié. Je pense toujours à toi, malgré moi. Ton sourire, ta façon de parler, de me dire que je suis stupide. Ça me manques. Mais apparemment, pour toi je ne suis plus rien, même pas un souvenir. C’est drôle, toi qu’y m’avait dit que tu ne m’oublierais jamais, que j’étais une partie de ton bonheur, que c’était grâce à moi que t’étais encore là.. En fait, c’était juste de la connerie poétique. Tout ça, c’était que des paroles en l’air. Si j’avais su.. Je sais que tu pourrais croire que je suis totalement détachée de toi mais en réalité, je pense toujours à toi et j’en souffre énormément. Je repense à nos conversations, quand tu me disais qu’il ne fallait jamais s’attacher virtuellement… Effectivement, j’aurais préféré ne jamais m’attacher à toi mais ça a été plus fort que moi. On dit toujours qu’il ne faut pas s’attacher, parce que ça désespère de voir le nombre de personnes qui nous délaissent. J’en suis bien consciente. Mais avec toi, je pensais que ce serait différent, que tu tiendrais tes promesses pour de bon. C’est une nouvelle déception, car à présent je ne vis qu’avec ça. Je me nourris d’espoir du matin au soir, sans aboutissements certains. Ça me tue de te savoir ailleurs. Je ne sais plus où tu es, ni où tu vis. Tu dois être heureux, entouré comme il faut par des amis. Est ce qu’il t’arrive de penser à moi ? Cette question je me la pose tout le temps. Me donneras tu un jour une réponse ? Je n’en suis pas certaine. Je devrais t’oublier, parce que ce serait meilleure pour ma santé mentale je suppose… Mais tu me connais, masochiste comme je suis, je ne suis pas prête d’y arriver.

Des cernes indélébiles et un coeur un peu trop débile

Tu sais ce que ça fait d’être insulté ? Tu sais ce que ça fait d’être considéré comme un rien ? Un étron à côté de la cuvette des chiottes aurait plus d’importance. Fini la poésie. Ils répétaient : « Sale pute, connasse, chienne, idiote, laideron, putain, grosse, moche, débile, salope » et ces mots tournent encore. Tu vois, tu n’as su que renforcer cette image que j’ai de moi. Pourquoi se fatiguer à être polie, gentille et jolie quand à tes yeux, je ne suis qu’une vulgaire putain ? Je te le demande parce que ma mère crie tous les soirs que je ne lui ressemble pas, à faire ma pute comme cela, et mon daron dans un état trop comateux pour rétorquer, se tait. Alors dis moi toi qui les connaît ? Je ne suis pas assez sage pour ressembler à ma mère, alors je suppose que je ressemble à mon père, tu me diras ! C’est génial, qui aurait envie d’une dépressive droguée ? Personne ! Pourquoi je me sens plus bien ? Pourquoi j’oublie mes rêves et la réalité ? Je fume trop, je bois trop, je baise trop. Je ne suis pas assez bien pour cette société si sage qui camoufle sa moisissure avec de belles femmes politiquement correcte. A ce moment même j’ai envie de crier, que si je ne suis pas assez bien pour vous, je n’ai qu’à m’en aller. Exiles toi au Pérou ! Pars en Alaska ! Mais surtout, ne reviens jamais. On t’insulte parce qu’on t’aime pas comme tu es. On te voudrait un peu plus bonne, un peu plus conne, parce que ouais l’intelligence ça fait trop de trou dans les fauteuils de l’État.. Madame a ses belles jambes, encerclés de bas résilles qui ne saurait tarder de tomber ou de craquer car la violence est humaine mes amis. Et un jour ou l’autre on finit par exploser de manière tellement énorme qu’on en meurt sûrement voir même certainement. Quand je pose mes doigts sur ce clavier, que les notes du piano résonnent, je me sens bien. J’oublie la vie, je t’oublie toi, comme quand je fume un joint. Ah la drogue, et ses bienfaits pas si bon. Un pet, deux pet, trois pet… Je me perds dans ta fumée, je souris parce que je suis consternée. Les étoiles semblent loin, mais le ciel paraît si près. Je n’ai plus d’encre pour écrire des mots assez doux, j’utilise une plume coupante et violente. Bipolarité peut être ? Je n’en sais trop rien. Le mal au coeur si tu savais. Plus jamais ça pour moi, je n’en veux plus. Car même quand j’essaye de partir pour ne plus souffrir, le mal au coeur revient toujours. J’ai des nausées, j’en oublie la réalité et ses méfaits. J’achète ma drogue en espérant de me faire choper pour pouvoir enfin arrêter. Je ne fais que choper dans l’espoir de voir mes sentiments s’estompaient. J’aurais pu devenir quelqu’un de bien… C’est dommage, pour toi et pour moi. Aujourd’hui j’abandonne l’idée. Décidément, un ange gardien ne veille pas sur moi. Tant pis. J’irais rejoindre le diable et ses coulées de lave.

Misanthropie

Bonsoir jeune novice, c’est moi la solitude. Je suis ce sentiment haineux qui t’envahi chaque soir dans ton lit. Ce sentiment qui te rappelle sans cesse que tu es différent, tellement différent que personne ne peut te comprendre. Désastreux n’est-ce pas ? Arrête de pleurer, cela n’arrangera rien. Tu es comme tout le monde, un individu d’un commun mortel qui ne cesse de se plaindre. Allez, sèche tes larmes, dans quelques jours tout sera finis. Tu retrouveras tes amis, ta famille et je m’attaquerais à quelqu’un d’autre. Après tout, n’est-il pas nécessaire d’avoir des relations sociales pour vivre? En effet, sois conscient que ta vie se résume aux personnes avec qui tu vis. Il suffirait d’une seule erreur pour que toute ta vie soit anéantie. Cesse donc de faire tes caprices d’enfant gâté pour un quelconque objet. Lorsque tu seras seul, quand tout le monde oubliera que tu existes, qu’est-ce que tu feras? Tu repenseras au bon vieux temps et tu ne pourras plus vivre comme avant, tu penseras et pleureras. Profites de la vie que tu as aujourd’hui, souris même si tu n’es pas heureux, ris même quand tu n’en as pas envie. Fais en sorte de mourir entouré. Pense au futur au lieu de te souvenir du passé. La nostalgie est mon allié, elle m’aide à m’installer dans ton esprit pour ensuite saccager ton âme. Je créerais en toi une pagaille colossale le temps qu’il faudra pour te faire réfléchir, pour t’abattre comme il faut. Et quand j’aurais finis, une partie de ton âme sera entre mes mains. Tu seras grièvement blessé, les cicatrices que j’aurais générées en toi seront indélébiles. Tu te souviendras de moi toute ta vie, crois-moi. Mais n’en parle à personne sinon je pourrais faiblir. Personne ne connaît mes points faibles. N’essaye pas de les chercher, je n’en ai pas. Ne tente pas de me vaincre non plus, c’est inutile. Je suis si forte, si puissante. Je peux t’emmener dans des mondes que même un auteur de science-fiction ne peut s’imaginer. Des mondes où je suis la seule à pouvoir survivre. Je connais la souffrance, la peine, le tourment et autres tortures psychologiques. En un claquement de doigt, je peux tous te les faire subir, en même temps. Maintenant que tu me connais un peu mieux, profites de ta vie et fais en sorte de ne jamais plus me rencontrer.

J’aimerais être plus cruelle pour faire partie de ce monde qu’est le mien

De nos jours, les gens demandent beaucoup de choses inutiles. Ils veulent tout, tout de suite. Et moi, je veux rendre les gens heureux, je suis prête à tout pour eux. Peu importe qui ils sont, peu importe d’où ils viennent. Ma mission est de les rendre heureux. A chaque fois, j’espère quelque chose en retour, quelque chose même de minime. Ne serait-ce que de l’attention. Un peu de chaleur, un peu de sympathie. Mais à chaque fois, les gens mentent. Ils promettent, ils ne savent faire que ça. C’est vrai que moi aussi je me voile la face à toujours espérer quelque chose d’eux. Mais je ne peux m’en empêcher d’avoir foi en l’humanité. C’est triste à dire, le monde court à sa perte et moi avec. Je descends les montagnes de la vie en tombant et les personnes que j’ai aidées sont déjà en bas. Je suis seule. Mes blessures s’infectent petit à petit, les regrets me hantent. Je ne sais que faire ou penser. Faut-il jouer à ce jeu ? Faut-il arrêter d’être humain pour abandonner tout ce qui nous tient à cœur ? Non, je ne veux pas. Il faut continuer de sourire bêtement et d’aider les gens du mieux qu’on peut. Et pourquoi attendre quelque chose en retour me diriez-vous ? Je vais vous répondre. Parce que tout le monde a besoin d’aide, même moi. J’ai l’impression d’être seule, abandonnée à mon île. C’est tellement difficile de se relever vous savez… Après avoir parcouru tant de choses, tant de peines et de joies. C’est difficile de se dire que tout n’était qu’illusion. Le monde devient hypocrite et moi je subis. Certains diront que je suis trop jeune. Sachez que non. Il n’y a pas d’âge pour la souffrance et la solitude. Beaucoup de jeunes sont seuls et souffrent mais on les empêche de s’exprimer. Le monde est plein de contradictions. J’ai seulement besoin de quelqu’un  pour me sortir de là. Quelqu’un d’omniprésent dans ma vie. Car là est toute l’importance de cette personne. Cette personne, humaine, qui vous soutiendra et vous entraidera. L’aide mutuelle, l’humanité, l’amour, l’amitié… Tout cela est oublié aujourd’hui. Et chaque jour, sachez que des millions de gens souffrent. Et que personne ne les aident. C’est si triste. Pourquoi ? Une question existentielle. Parfois, il vaut mieux ne plus réfléchir, ne plus poser de question, se laisser aller dans le courant. Il faut sauter à l’eau pour tendre la main à son prochain et se laisser couler avec lui. Même si ce dernier est un poisson qui sait nager.

Une aventure outre les sentiments

Il y a des gens qu’on ne mérite pas de rencontrer. J’aurais préféré te rencontrer à un autre moment de ma vie, à un moment sûrement plus facile. J’aurais été plus gentille, plus douce je pense. Je n’aurais pas été apeurée de mon sort, de mon destin. De toute façon, on me l’a toujours dit, on rencontre les bonnes personnes au mauvais moment. J’ai jamais eu de chance pour ça, rencontrer des gens. Mais apparemment le hasard fait bien les choses… Je pense qu’avec toi ce sera différent, que ce sera bien, que ce sera mieux. Je ne dis pas qu’on ira loin, je ne veux pas tirer des plans sur la comète. Après je me fais de fausses idées, je suis déçue et ça me rend encore plus aigrie. Je pense que tu es quelqu’un de spécial. Ça se voit quand tu parles, ça se voit dans tes yeux, t’as quelque chose à dire, t’as quelque chose à donner. Et les gens sont jaloux de ça ! Ils t’en veulent de pouvoir donner autant. Mais moi ça m’inspire, ça me donne envie de vivre, de voir ce que le Monde pourrait nous offrir ! C’est magnifique, moi qui avait peur de l’inconnu et de l’interdit… Tu m’en causera des torts j’en suis sûre, audacieux comme tu es ! Pour ça, je ne t’en veux pas, car je sais aussi que tu m’apporteras autant de bien que de mal. Ce que j’ai peur, c’est que je te change de par mes vices et mes faiblesses. Je ne veux pas nous blesser. Je veux que tout aille au mieux. Que ce qu’on est maintenant reste intacte avec les années qui passent. J’ai peur que l’on se perde. A cause d’un truc bête, à cause de moi parce que je gâche toujours tout. Je ne sais pas m’attacher aux gens, je ne sais pas être amoureuse pourtant j’aimerais ! Mais je me lasse trop vite, j’ai sûrement peur des déceptions. Je ne veux pas être une pauvre fille qu’on a pris pour une conne durant plusieurs mois.. Donc je fais la gueule, je méprise pour me sentir supérieur quitte à ne pas être prise pour une conne, mais à prendre quelqu’un pour un con. C’est un cercle vicieux ! Voilà pourquoi j’ai peur que tu t’attaches à moi ou même pire que tu tombes amoureux. Je veux plus faire de sentiments, ça nous encombre. C’est trop lourd à assumer. Mais ça nous empêchera pas d’être heureux ne t’en fais pas. On a toujours un bon moyen d’être heureux, un truc simple mais un peu vicieux. Mais on s’en fou, ce n’est qu’une aventure. Nous sommes des aventureux mais pas des amoureux.

La distance est un fléau permanent

Tu vois, j’ai toujours voulu vivre avec toi. Je sais, ça n’aurait pas était facile. Nous sommes loin et différents. Mais si tu savais, si tu savais  à quel point je t’aime. Avec toi je voulais tout faire. Je voulais entendre ta voix au téléphone durant des heures, je voulais te parler tard le soir. Je voulais que tu me dises ces mots qui me donne des papillons dans le ventre. Tu te souviens? Je voulais aussi ton sourire colgate, tes lèvres pulpeuses, ton corps entier pour me réchauffer. Je voulais tout ton amour, ta présence. Je voulais tes baisers, tes câlins, ton souffle chaud dans mon cou. Je voulais m’asseoir sur tes genoux, t’admirer pendant des heures, te voir rire au éclat. Je voulais passer ma main dans tes cheveux, m’endormir dans tes bras. Mais je voulais aussi me disputer avec toi, pour qu’on se manque et qu’à la fin, on se retrouve encore plus forts et amoureux! Pour résumer, je voulais vivre avec toi, tu vois. Je crois que pour moi, c’était la définition d’être heureuse. Mais tu n’as pas cru en nous, et tout s’est finis, en laissant notre amour en suspension. On s’aime encore, mais pas assez fort pour vivre loin de l’autre.